Gestion financière des ACM en 2017

Le contexte mondial

2017 a été une année de croissance économique dans toutes les régions du monde (+3,7 %), notamment en Europe et en Asie. En France, ce dynamisme s’est reflété dans les résultats des entreprises, ainsi que dans la hausse du principal indice boursier (+9,3 % pour le CAC 40). En revanche, ce retour de la croissance ne s’est pas accompagné d’une reprise de l’inflation. Ainsi, les taux d’intérêt sont restés très bas, à 0,81 % en moyenne sur l’année 2017 pour l’emprunt d’État français à 10 ans.

Le marché obligataire

2017 a été marquée, contre toute attente, par la baisse des taux américains (- 3 bp pour le taux américain 10 ans à 2,41 %) malgré la poursuite du resserrement monétaire engagé par la Réserve Fédérale des États-Unis (FED) : trois hausses des taux en 2017, cinq depuis la fin 2015. Si, au États-Unis, la croissance a été au rendez-vous (2,3 % en 2017), l’inflation totale n’a franchi les 2 % qu’à partir de septembre tandis que l’inflation sous-jacente reste ancrée à 1,7 %.

De même, en Europe, malgré la diminution du programme d’achats mensuels par la Banque Centrale Européenne (BCE) depuis avril 2017, les taux européens n’ont guère remonté. L’annonce en octobre par la BCE d’un report (probablement en 2019) de la hausse éventuelle de ses taux directeurs a entraîné un nouveau mouvement de baisse des taux, marquant ainsi un « retard de phase » (par rapport à la FED) de plus en plus important dans son cycle de resserrement monétaire. La faiblesse de l’inflation à 1,5 %, et l’inflation sous-jacente qui n’a franchi que temporairement le seuil des 1 % explique également la stagnation des taux européens à des niveaux historiquement bas.

Les marchés actions

Malgré les risques liés aux élections ( France, Allemagne et Pays-Bas) et les crises (Catalogne, États-Unis et Corée du Nord, Brexit, etc.), les marchés financiers ont vécu une année pleine d’euphorie.
C’est particulièrement vrai pour les marchés américains qui ont progressé tout au long de l’année (+ 25,08 % pour le Dow Jones, + 28,24 % pour le Nasdaq) pour atteindre des niveaux jamais vus. Le même mouvement de hausse est à signaler au Japon (+ 19,10 %) et dans une moindre mesure en Europe (+ 6,49 %). Les meilleures performances sont à mettre à l’actif des secteurs de la technologie, du luxe et de l’aéronautique.

Le marché immobilier

Le marché de l’investissement immobilier a atteint en 2017 un niveau comparable à celui de 2016. Les investisseurs se sont portés à 72 % sur le bureau, à 14 % sur le commerce, et également à 14 % sur la logistique et l’activité. Les produits de qualité sécurisés ont confirmé leur attractivité, si bien que les taux de rendement constatés sur les meilleurs immeubles de bureaux parisiens offerts à la vente sont proches de 3 %. L’appétit des investisseurs pour les VEFA en blanc constaté en 2016 s’est poursuivi en 2017.

La politique d’investissement des Assurances du Crédit Mutuel

Les actifs des sociétés vie et non-vie gérés par les Assurances du Crédit Mutuel au 31 décembre 2017 s’élèvent à 85,8 milliards d’euros (en valeur nette comptable), en progression de 2,2 % par rapport à l’année 2016.

Près de 80 % des actifs gérés par les Assurances du Crédit Mutuel sont investis dans des produits obligataires de bonne qualité, qui assurent un rendement récurrent. Dans un contexte de faibles rendements des obligations d’État, 70 % des investissements obligataires de l’année ont été réalisés sur des émetteurs du secteur privé, notamment de l’industrie et de la banque/assurance. Les investissements aux travers de fonds dédiés au financement de l’économie (entreprises de taille moyenne, infrastructures, immobilier) se sont poursuivis.

La part des actifs de diversification a progressé et représente 16,3 % en 2017. Elle se répartit entre des placements actions et assimilés (11,2 %) et des placements immobiliers (5,1 %). Le portefeuille actions privilégie l’Europe, les secteurs de « croissance pérenne » (consommation, technologie), et les valeurs moyennes. La diversification internationale a aussi été renforcée cette année aux États-Unis et en Asie. Les placements en fonds non cotés (« capital investissement ») aux fortes espérances de rendement sur le long terme, ont également représenté une part croissante des investissements en actifs risqués en 2017.

Les placements immobiliers enfin ont été poursuivis en 2017 et représentent 4,4 milliards d’euros au 31 décembre 2017. Au cours de l’année, les investissements se sont principalement concrétisés sur des immeubles de bureaux en direct ou dans le cadre de club-deals, tandis que des participations ont été prises dans divers fonds immobiliers.

Placements liés aux activités d'assurances
(norme CRC jusqu'en 2015 et IFRS depuis 2016, en millions d'euros)

2014 (CRC) : 88 488 - 2015 (CRC) : 94 398 - 2015 (IFRS) : 103 523 - 2016 (IFRS) : 109 027 - 2017 (IFRS) : 111 495

Répartition géographique
des actifs immobiliers
suivant la valeur d'expertise
(au 31 décembre 2017)

Paris : 42% - Ile-deFrance : 28% - Province : 29% - International : 1%

Structure des actifs
(sociétés vie et non-vie, au 31 décembre 2017)

Produits de taux long terme : 78,0% - Actions et placements assimilés : 11,2% - Immobilier 5,1% - Liquidités : 5,7%

Répartition des immeubles
par nature principale d'affectation
suivant la valeur d'expertise
(au 31 décembre 2017)

Bureux : 70% - Habitation : 17% - Comerces : 2% - Résidences de vacances et divers : 11%
Les taux de rémunération 2017

Dans un contexte de taux d’intérêt bas, le rendement global du portefeuille a été dilué à la fois par les investissements obligataires réalisés tout au long de l’année et par l’arrivée à terme d’obligations anciennes offrant des taux plus élevés que celui du portefeuille. Cette dilution n’impacte toutefois que modérément les taux de rémunération des contrats des Assurances du Crédit Mutuel, qui restent sur des niveaux proches de ceux de 2016.