Gestion financière

Le contexte mondial

L’année 2016 a été rythmée par une série d’évènements marquants (Brexit, élections américaines, etc), mais avec un impact finalement limité sur les marchés. Dans un contexte de croissance atone de l’économie mondiale et en l’absence d’inflation, les taux d’intérêt sont restés très bas. Les actions ont modestement performé en Europe (CAC 40 : + 4,9 %), les grandes gagnantes ont été les actions américaines (+ 9,5 %) et émergentes (+ 8,9 %).

Le marché obligataire : des taux d’intérêt très bas

En zone euro, les obligations émises par l’État français jusqu’à la maturité 6 ans, certaines obligations du secteur privé sur des maturités courtes ainsi que les taux monétaires ont des taux négatifs au 31 décembre 2016. Ces taux sont le résultat de la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne (BCE), qui a décidé mi-mars de fixer son taux de dépôt à - 0,40 % (rémunération négative des dépôts des banques auprès de la BCE) et d’acheter mensuellement 80 milliards d’euros d’obligations jusqu’en avril 2017. En décembre, la BCE a annoncé prolonger son programme d’achats jusqu’à fin 2017 tout en le réduisant à 60 milliards d’euros par mois à compter d’avril 2017. Par cette politique qui vise à favoriser le crédit, la BCE cherche à relancer l’inflation qui est actuellement proche de zéro, ainsi qu’à soutenir la croissance économique.

Les marchés actions

Les marchés actions européens ont évolué dans une bande de fluctuation assez étroite (CAC 40 autour de 4 400 points, avec une amplitude de plus ou moins 3 %), à l’exception de la forte baisse mi-février liée à l’effondrement du baril de pétrole et de celle de juin liée au Brexit. L’élection de Donald Trump début novembre, en anticipation des mesures de relance annoncées (baisse des impôts et hausse des dépenses d’infrastructures), a conduit les indices actions vers leurs plus hauts annuels (CAC 40 à 4 860 fin 2016). Le rebond du pétrole et des matières premières mi-mars a permis aux secteurs pétroliers et cycliques de connaître de solides performances boursières en 2016. La remontée graduelle des taux d’intérêt à partir de septembre a provoqué un mouvement de rotation sectorielle : les secteurs cycliques et les valeurs financières ont fortement monté, alors que les secteurs dits "défensifs", chèrement valorisés pour leur résistance à des cycles économiques peu porteurs, ont baissé.

Le marché immobilier

En 2016, le marché locatif des bureaux en Ile-de-France s’est bien tenu, enregistrant une hausse de 7 % de la demande placée ; la baisse progressive des taux de vacance s’est accompagnée d’une légère hausse des valeurs locatives dans les quartiers centraux, les mesures d’accompagnement restant concomitamment très élevées. Les volumes investis en immobilier d’entreprise ont reculé de 8 % à 23,6 milliards d’euros, traduisant une pénurie d’offre à la vente et non un manque d’appétit des acquéreurs.Les investisseurs se sont portés à 73 % sur le bureau, à 16 % sur le commerce, et à 11 % sur la logistique et l’activité. Les produits de qualité sécurisés ont confirmé leur attractivité, si bien que les taux de rendement constatés sur les meilleurs immeubles de bureaux parisiens offerts à la vente sont proches de 3 %. On note par ailleurs de nouveau un intérêt des investisseurs pour les VEFA (Vente en Etat Futur d’Achèvement) en blanc.

La politique d’investissement des ACM

Les actifs des sociétés vie et non-vie gérés par les ACM au 31 décembre 2016 s’élèvent à 83,9 milliards d’euros (en valeur nette comptable), en progression de 3,8 % par rapport à l’année 2015.
La politique d’investissement menée par les ACM en 2016 a privilégié les investissements générant des revenus récurrents. Ainsi, les produits de taux long terme représentent 80 % du portefeuille total au 31 décembre 2016. Les rendements des dettes souveraines ayant atteint en 2016 des points bas historiques (respectivement 0,10 % et - 0,19 % sur les taux français et allemands à 10 ans), 85 % des investissements obligataires de l’année ont été réalisés sur des émetteurs du secteur privé : entreprises industrielles (51 % des achats nets) et secteur banque/assurance (34 % des achats nets). La stratégie de diversification des placements de taux vers des actifs moins liquides, à meilleur rendement, s’est poursuivie en 2016. 10 % des investissements obligataires ont ainsi été engagés dans des fonds de dette dédiés au financement d’entreprises de taille moyenne, d’immobilier et d’infrastructures.
La part actions (et placements assimilés : capital investissement,...) est restée stable, à 11 % du portefeuille. Les investissements actions en 2016 ont été réalisés lors de reculs de marchés (niveau CAC 40 < 4 300) et ont privilégié les sociétés aux fondamentaux solides et aux dividendes pérennes : technologie, santé / paramédical, télécommunications, consommation.
Au 31 décembre 2016, les placements en immobilier représentent 4,8 % des actifs du portefeuille, soit 4 milliards d’euros. Au cours de l’année 2016, des immeubles de bureaux, de commerce ou d’habitation ont été achetés en direct ou dans le cadre de club-deals, tandis que des participations ont été prises dans divers fonds immobiliers.

Les taux de rémunération 2016

Le rendement global du portefeuille a été dilué à la fois par les investissements obligataires réalisés en 2016 et par l’arrivée à terme d’obligations anciennes offrant des taux plus élevés que celui du portefeuille. Les taux de rémunération s’inscrivent donc en baisse par rapport à l’an passé, mais restent compétitifs par rapport à l’inflation, au Livret A et au taux des emprunts d’État français à 10 ans (ce dernier s’étant situé en moyenne à 0,48 % en 2016).

  • Structure des actifs
    (sociétés vie et non-vie, au 31 décembre 2016)

    Structure des actifs (sociciétés vie et non-vie, au 31 décembre 2016)
  • Évolution des placements
    (norme CRC jusqu'en 2015 et IFRS en 2016, en millions d'euros)

    Evolution des placements (norme CRC jusqu'en 2015 et IFRS en 2016, en millions d'euros)
  • Répartition géographique
    des actifs immobiliers
    suivant la valeur d'expertise
    (au 31 décembre 2016)

    Répartition géographique des actifs immobiliers suivant la valeur d'expertise (au 31 décembre 2015)
  • Répartition des immeubles
    par nature principale d'affectation
    suivant la valeur d'expertise
    (au 31 décembre 2016)

    Répartition des immeubles par nature principale d'affectation suivant la valeur d'expertise (au 31 décembre 2016)